Chroniques Rock

Chroniques de disques Rock, de bouquins voire de films, récents ou anciens selon l'humeur

07 mai 2005

Bruce Springsteen / Devils & Dust

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Bruce Springsteen
Devils & Dust

D'abord il y a la voix. Reconnaissable entre mille. Qui vient se poser sur une simple guitare acoustique puis sur quelques arrangements discrets. " Got God on our side, we're just trying to survive, but if what you do to survive,  kills the things you love". Toujours les mêmes lyrics qui déchirent jusqu'à l'obsession le rêve américain. Et puis vient l'harmonica. Et quand il souffle dans le biniou, je sais pas pour vous, mais moi, depuis "Nebraska", ça me fait toujours quelque chose... Ainsi débute "Devils & Dust", le nouvel album du Boss. Son retour aux affaires depuis la défaite électorale de Kerry qui est un peu la sienne vu qu'il y a mis pas mal du sien pour soutenir le gars contre Bush. Je sais pas si c'est pour ça mais je trouve que la tonalité générale du disque est un peu désenchantée. Plutôt acoustique et peinarde mais pas comme dans "Nebraska" où le boss trouvait encore des raisons d'y croire ("Reason to believe") et de se rebeller malgré la merde ambiante et récit de toutes ces vies qui dérapent. Ici, c'est plutôt un regard apaisé mais désabusé sur les laissés pour compte de l'Amérique de Bush. Pas de rebellion, juste le constat et ce qui reste au bout du compte, c'est les bons moment qu'on aura pu prendre et qu'on gardera avec soi jusqu'au bout. Comme dans cette chanson, "Reno", où un vieux vacher se remémore le bon temps qu'il se donnait avec une prostituée. On a perdu l'urgence mais c'est bien aussi ce regard qu'il porte sur les gens et les histoires qu'il raconte. Ce qu'on perd peut être c'est l'immédiateté. Pas de grande chanson ici qui frappe directement au plexus et qui laisse le souffle coupé. Pas de "Johnny 99" ou de "Downbound train". Mais des chansons qui gagnent un peu de force à chaque écoute et qui distillent lentement leurs charmes insidieux. Des ballades qui arpentent les mêmes terres que celles du grand Townes Van Zandt ("Silver Palomino"), des gospels paysans ("Jesus was a only son") et cette capacité unique à trousser l'histoire d'une vie en quelques mots ("The hitter"). Pas le meilleur disque du boss donc, mais un bon disque du boss quand même. Et ça, ça n'a pas vraiment de prix.

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04 mai 2005

Romain Humeau / L'Eternité de l'instant

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Romain Humeau
L'éternité de l'instant

La bonne surprise française de ce début d'année est l'oeuvre du chanteur d'Eiffel, Romain Humeau, qui tente ici une périlleuse aventure solo. Les afficinionados ne seront pas décontenancés par l'impeccable tenu des rocks enervés que l'on a déjà entendu chez Noir Désir ou chez les Pixies par exemple ("Prends ma main") et que l'on retrouve ici, balancés avec l'urgence qui sied au genre. Mais l'éclectisme affichés par la superbe ballade "toi" ou le plus anecdotique "je m'en irai toujours" et son phrasé presque rap dénote une volonté de défricher des nouveaux espaces qui force bien souvent le respect au délà de quelques maladresses textuelles. Mais c'est bien dans son style de prédilection que Romain Humeau se montre finalement le plus convaincant. Dans cette capacité à habiter ces chansons et de les porter avec fougue et conviction ("Sans faire exprès", "leurs échines").

Posté par costello à 23:34 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 mai 2005

Jean Louis Murat / Mockba

 


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Jean Louis Murat
Mockba

On a, depuis quelque temps, un peu de peine à suivre la production effrenée de Murat. Les disques se suivent à un rythme frénétique et il parfois difficile d'en extraire la substanfique moëlle avant que le suivant ne vienne se poser sur nos platines. Mockba risque pourtant de s'incruster pour un petit bout de temps. C'est de loin son meilleur disque depuis Mustango et l'un de ses meilleurs disques tout court. On repère d'emblée quatre ou cinq chansons de très haute tenue où le chant débordant de sensualité de l'auvergnat se détache avec élégance des suaves arrangements de ses accolytes (les habituels Fred Jimenez et Stéphane Reynaud, le tindersticks Dickon Hinchliffe pour les cordes et les voix des filles ! Carla Bruni, Camille). Dès lors, que trois de ses textes soient empruntés au poète du 19ème, Pierre-Jean de Béranger, apparaît presque anecdotique tant les propres textes de Murat arrivent à instaurer une unité de ton du meilleur goût. Surtout, Murat renoue ici avec ces mélodies lumineuses et sensuelles qui restent depuis l'imparable "Si je devais manquer de toi" en 89 l'une des principales raisons de suivre avec attention sa dense production. A cet égard, le très classieux "la fille du capitaine" qui ouvre l'album mais aussi "Arrête d'y penser" et surtout le délicat "foulard rouge" se posent comme les parangons d'un style inimitable et sans équivalents dans l'hexagone.

Posté par costello à 22:54 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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