16 avril 2005
Joe Cocker / Mad dogs & Englishmen

Joe Cocker
Mad dogs & Englishmen
Séquence Oldies but goodies... L'un des meilleurs live de tous les temps est l'oeuvre de Joe Cocker. Et oui, le même qui nous sert de la soupe assez indigeste depuis plus de vingt ans. Faut dire que "Mad dogs & englishmen" date de 1970 (35 ans !) et reste l'indéboulonnable sommet de la carrière assez erratique du bon vieux Joe (j'accuse aussi une faiblesse coupable pour son "Sheffield steel" de 1982 qui doit être son dernier bon disque). Pour faire vite, nous dirons que ce disque ne comporte que des reprises (Stones, Dylan, Beatles, Cohen, Box tops, etc...), fut enregistré au Fillmore East avec l'aide d'une bonne trentaine de musiciens ( le who's who des session men américains) sous la houlette du rusé Leon Russell qui mène l'affaire et récupérera une bonne partie des royalties. Reste que Russell, en meneur de revue, réussit l'improbable pari de faire sonner tout ce monde avec un feeling qui sert d'écrin royal à la "voix" de Joe Cocker. Du reste, Cocker n'a jamais rien composé mais il s'approprie ces classiques au plus près de l'os comme plus jamais il ne le fera. La réédition de 99 restitue au mieux la luxuriance habitée de l'ensemble. C'est un régal d'entendre les cuivres qui pétaradent, les deux (trois ?) batteries, les choeurs qui poussent au cul , les interventions bluesy du piano et les exhortations de Russel qui dirige le tout de main de maître. Le temps n'a pas fait son oeuvre. "Mad dogs & Englishmen" reste un classique absolu et la reprise du chef d'oeuvre d' Alex Chilton, "The Letter", n'est pas loin d'égaler l'original ! Ca situe la performance de Joe Coker et de ses chiens fous.
11 avril 2005
The Saints / Big hits on the underground

The Saints
Big hits on the Underground
L'histoire,
c'est bien connu, ne repasse jamais les plats. Si la vie était bien
faite, Chris Bailey aurait récolté les fruits de son génie et les
foules n'auraient pas manqué d'aduler celui qui réussissait si
parfaitement l'alliance des mélodies divines et des guitares marquées
au fer rouge. Manque de chance, la carrière des Saints n'a jamais
décollé et Chris, plus qu'aucun autre, aura passé plusieurs décennies à
bouffer les pissenlits par la racine. On l'a même cru perdu à jamais
pour la musique quand il s'est parfois noyé dans la boisson. Mais 2005
sera une grande année, une année faste. On nous annonce un très bon
nouvel album des Saints et on espère que l'époque lui rendra enfin
justice en lui permettant d'assurer ses vieux jours. En attendant, il
n'est jamais trop tard pour bien faire et se procurer cette excellente
compilation qui couvre toutes les époques. Du rock high energy des
débuts (un peu trop vite assimilé au punk naissant de la fin des années
70) jusqu'aux derniers albums plus dispensables des nineties. Mais les
pépites se nichent assurément dans les enregistrements New Rose. Sans
rien renier de l'énergie des débuts, Bailey touche au sublime en
convoquant cuivres et cordes au service de ces rocks taillés dans les
meilleures mélodies. "Photograph'' arrache toujours les larmes et
Bailey est régulièrement bouleversant quand il hurle sa détresse sans
jamais verser dans le pathos. Les disques suivants chez Polydor sont
tout aussi recommandables et contiennent leur lot de classiques
instantanés que l'on retrouve ici, beaux comme au premier jour ("Just
like fire would", "temple of the lord", "Grain of sand"). A ce niveau
là et avec cette constance là, je ne vois guère que les Stones ou
Creedence pour rivaliser. La seule différence et au risque de me
répéter, c'est que les Saints, eux, n'auront jamais rien récolté.
Qu'importe, ce qu'ils ont semé fait d'eux, l'égal des plus grands.